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Francis Ekon, successeur d'Edem Kodjo à la tête de la CPP parle : « Le Collectif 'Sauvons le Togo' c'est du déjà vu »

La sortie-interview est faite chez notre partenaire d'AfreePress. "Longtemps silencieuse sur les questions de politique nationale, la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) de Francis Ekon vient de rompre le silence et se prononce sur les derniers faits de l'actualité.
 
Pour Francis Ekon, la mise en place au Togo d'une plate-forme de l'opposition et des organisations de défense des droits de l'Homme est « du déjà vu et la CPP ne s'inscrit pas dans la logique du collectif « Sauvons le Togo ».

La CPP rejoindra-t-elle l'UNIR dans le grand « creuset » rêvé par son fondateur Faure Gnassingbé ? Francis Ekon ne ferme pas la porte à cette éventualité mais pose des conditions : Je ne dis pas que je vais faire partie d'une coalition d'opposition ou d'une majorité présidentielle. Tout dépend de ce que les uns et les autres veulent faire. Je précise que le problème majeur de la CPP, c'est l'intérêt majeur du Togo.

Si cet intérêt majeur se trouve à gauche ou à droite, nous nous insérerons dans cette perspective, mais pas dans le concept théorique des oppositions ou de la majorité », a fait savoir Francis Ekon.  Lire l'interview :

Afreepress: Bonjour M. Francis Ekon, pensez-vous que la dissolution du RPT et la création sur ses cendres du nouveau parti, l'Union pour la République est une bonne chose pour le Togo comme le clament les fondateurs de ce nouveau parti ?
 
Francis Ekon : Depuis un certain temps, le Togo est lancé sur la voie du changement. Il y a des changements qui s'opèrent, peut-être sont-ils insensibles à tel point que certains ne les voient pas ?
Ce n'est pas la disparition du RPT qui ouvre la voie au changement, mais cette disparition va permettre d'accélérer un certain nombre de changements.
 
Afreepress : Quelles peuvent être, selon vous, les retombées positives de la disparition du RPT pour le Togo ?
 
Francis Ekon : Pour les Togolais c'est un parti qui a été à la base de beaucoup de problèmes et les gens ne se reconnaissaient pas dans le RPT. Aujourd'hui, avec cette disparition, les énergies peuvent travailler pour la construction du pays.
 
Afreepress: La dissolution du RPT ne crée-t-elle pas un autre problème dans le pays ? Quel sort réservera-t-on aux députés RPT à l'Assemblée Nationale ?
 
Francis Ekon : Ce problème peut être réglé par la constitution et par le règlement intérieur de l'Assemblée. Je ne comprends pas pourquoi on en fait un problème national.
 
Afreepress : Il n'y a pas longtemps, certains partis politiques et organisations de la société civile ont mis en place une plate-forme dénommée « Sauvons le Togo », pour, disent-ils, lutter pour la transparence des élections au Togo. Pourquoi la CPP n'en fait-elle pas partie ?
 
Francis Ekon : Savez-vous, c'est la dénomination même de ce front qui me pose problème. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on va dire que le Togo est en perdition et qu'il faudrait le sauver nécessairement.
Au contraire, si on se souvient du Togo des années 80, on se rend compte que le Togo a connu des moments extrêmement difficiles.
Et aujourd'hui, faire un autre front alors que nous en avons fait plusieurs qui n'ont donné aucun résultat.
La CPP ne s'inscrit pas du tout dans la logique du collectif « Sauvons le Togo ». Pour nous, c'est du déjà vu.
 
Afreepress : Comment se porte la CPP ?
 
Francis Ekon : La CPP se porte très bien. Il y a un ou deux ans, la CPP a connu un petit fléchissement, comme tous les autres partis. Mais, le parti a remonté la pente.
Autant le Togolais réclame l'alternance au niveau de l'Etat, autant l'alternance doit être réclamée au niveau des partis. Il est normal qu'un président qui a fait douze ans à la tête d'une institution, cède le pas à une autre personne.
Parler même de leadership à la CPP, relève de l'ignorance parce que lorsque nous avons créé la CPP le 15 août 1999, il y avait déjà une pléthore de leaders.
C'est quatre partis politiques qui se sont réunis pour créer la CPP et tous ces partis sont venus avec leurs leaders.
Aujourd'hui, le départ d'Edem Kodjo ne signifie pas la disparition de la CPP. Kodjo est un démocrate, et il a pensé qu'à partir d'un certain moment, quelqu'un doit lui succéder à la tête du parti.
 
Afreepress : Quelles sont vos ambitions pour la CPP et partant pour le Togo ?
 
Francis Ekon : La CPP doit devenir un grand parti. C'est son dessein parce que c'est l'un des partis les mieux implantés au Togo, même si aujourd'hui on n'a pas de député à l'Assemblée.
Depuis Cinkassé jusque dans les villages du Bas-Mono, vous avez des bureaux fédéraux, cantonaux et de villages de la CPP. Mon ambition, c'est que la CPP devienne un grand parti et qu'on ait de nombreux députés à l'Assemblée.
 
Afreepress : Bientôt les élections législatives et locales. Comment se prépare la CPP pour affronter ces nouvelles joutes électorales ?
 
Francis Ekon : Il y a deux préoccupations de la CPP. La première, c'est de renforcer les bases du parti partout au Togo. La deuxième, c'est de sensibiliser les militants pour qu'ils puissent amener des moyens au parti, parce que sans moyens, il est difficile d'affronter les élections.
 
Afreepress : Depuis 1994, le parti n'a plus de député à l'Assemblée Nationale. Peut-on espérer que ces prochaines législatives permettront au parti de retrouver sa place à l'Assemblée ?
 
Francis Ekon : En 1994, la CPP n'était pas encore née. Elle n'a participé qu'à une élection puisqu'il y a eu le boycott de celle de 2002.
 
Afreepress : Il y a longtemps que votre parti ne présente plus de candidat aux élections présidentielles, en sera-t-il autrement pour présidentielle de 2015 ?
 
Francis Ekon : C'est trop tôt pour parler de l'élection présidentielle de 2015. Quand vous dites que le parti ne présente plus de candidat à l'élection présidentielle, en réalité, il n'y a qu'une élection présidentielle à laquelle on n'a pas été candidat.
Il est normal que dans un pays comme le nôtre, il n'y ait pas une pléthore de candidats à l'élection présidentielle. Il faudra voir tout ceci dans la perspective des unions, dans la perspective des regroupements, dans la perspective des programmes. C'est tout cela qui peut à un moment où à un autre nous décider.
 
Afreepress : Quel regard portez-vous sur la vie politique togolaise ?
 
Francis Ekon : Elle est très mouvante parce qu'il y avait un parti qui gérait l'Assemblée nationale à lui tout seul qui vient de disparaître, ce qui va énormément secouer le paysage politique. Il serait erroné de croire que ce n'est pas un grand événement politique.
Je crois que nous devons être très attentifs aux modifications qui vont nécessairement s'imposer dans la vie politique togolaise avec la création de l'UNIR et la disparition du RPT.
 
Afreepress: Votre parti sera-t-il encore prêt à rejoindre une coalition de l'opposition ou préfère-t-il plutôt être membre de la majorité présidentielle dans le cadre de l'UNIR ?
 
Francis Ekon : Le problème ne doit pas se poser en ces termes. Au Togo, il n'y a pas une opposition, il y a des oppositions parce que les programmes sont différents, les stratégies de lutte sont complètement différentes. Je dirai les comportements face aux problèmes sont des comportements différents.
 
Afreepress : Est-ce parce que les partis d'opposition s'opposent entre eux ?
 
Francis Ekon : Vous avez très bien compris. Moi, je ne dis pas que je vais faire partie d'une coalition d'opposition ou d'une majorité présidentielle.
Tout dépend de ce que les uns et les autres veulent faire. Je précise que le problème majeur de la CPP, c'est l'intérêt majeur du Togo. Si cet intérêt majeur se trouve à gauche ou à droite, nous nous insérerons dans cette perspective, mais pas dans le concept théorique des oppositions ou de la majorité.
L'intérêt du Togo avant tout. C'est notre préoccupation.
 
Afreepress: La CPP est-elle pour ou contre l'alternance au Togo et que fait-t-elle pour que ce vœu soit réalisé ?
 
Francis Ekon : Un parti politique ne peut jamais être contre l'alternance. Un parti politique a pour vocation de chercher à prendre le pouvoir.
Par conséquent, la CPP est toujours pour l'alternance. Voilà pourquoi je parlais d'alternance au niveau de nos partis. Mais, l'alternance est d'abord un problème politique, ensuite un problème juridique, c'est aussi un problème constitutionnel.
Donc, on ne peut pas dire qu'un parti est pour l'alternance et un autre est contre l'alternance. L'alternance viendra dans le respect de la constitution et des soubassements politiques du pays.
 
Afreepress: Un mot de fin M. le président ?
 
Francis Ekon : Le Togo traverse aujourd'hui une période politique que je ne dirai pas trouble, mais très agitée. Je souhaite que les Togolais regardent l'avenir avec sérénité.
Nous, à la CPP, nous avons toujours pris des positions qui naguère n'étaient pas toujours comprises. Mais aujourd'hui, les gens commencent à nous comprendre.
Nous voulons que le pays avance, nous voulons qu'il y ait moins d'injustices, nous voulons que les jeunes aient du travail, nous voulons que les ressources de la nation soient mieux redistribuées.
Nous ne voulons plus avoir un pays avec l'égocentrisme, avec le tribalisme, un pays dans lequel les droits de l'Homme ne sont pas respectés. Nous ne voulons plus de ce pays.
Il y a des périodes où on doit se battre, c'est les périodes des élections et c'est des combats d'idées. Mais on ne peut pas passer tout notre temps dans les rues alors qu'il y a des problèmes extrêmement sérieux qui nous attendent et qu'on peut régler justement par le dialogue et par des comportements citoyens. Je vous remercie.

Propos recueillis par Telli Koffi.

Source:mo5-togo.comFrancis Ekon, successeur d’Edem Kodjo à la tête de la CPP parle : « Le Collectif ‘Sauvons le Togo’ c’est du déjà vu »
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#Posté le jeudi 26 avril 2012 11:33

Assemblée nationale: Les ex-députés RPT forment un groupe parlementaire pro-UNIR et se moquent des députés pro-ANC exclus

Les responsables de l'ANC ont très peu apprécié l'ironie de Bamnante Komikpime, le 23 avril dernier, quand les 50 députés du parti dissous, le RPT, se sont constitués en « Groupe de la majorité présidentielle ». Ecoutons la voix du RPT-UNIR:
 
« C'est une démarche conforme à notre règlement intérieur. Mais attention, que les gens ne fassent pas d'amalgame, aucun député du RPT n'avait écrit pour dire qu'il démissionnait, ce qui n'est pas le cas de figure pour les députés UFC ayant rallié l'ANC », a indiqué Komikpime Bamnante, président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale.


Car Komikpime Bamnante remue le couteau dans la plaie de l'injustice qui est faite aux députés de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre.  La Cour constitutionnelle du Togo a commis une vraie forfaiture dans cette histoire et son scandaleux arrêt est non seulement la démonstration de l'absence de justice et d'équité dans ce pays, mais également d'une justice aux ordres. Une copie de la lettre d'une correspondance de la Cour Constitutionnelle adressée au Président de l'Assemblée nationale, Abbas Bonfoh, constitue la preuve de sa duplicité.

Dans un premier temps, Aboudou Assouma, le président de la Cour Constitutionnelle, constate que « la correspondance N°227/2010/AL/SG/PA en date du 11 novembre 2010 relative à la transmission du dossier des démissions des 10 députés de l'UFC adressée à la Cour comporte des irrégularités de forme. » Et la Cour Constitutionnelle de poursuivre que les démissions soulevées ne respectent pas la procédure telle que stipulée dans le règlement intérieur de l'Assemblée nationale. « La Cour souhaiterait ainsi s'assurer du respect de ladite disposition surtout que les lettres de démission sont des lettres types saisies et les noms  écrits au stylo ; l'ensemble ne comportant pas de date », relève-t-on dans la lettre de la Cour Constitutionnelle au président de l'Assemblée nationale.

L'article 6 du règlement intérieur stipule que  dans ces 3 alinéas que «Tout député peut se démettre de ses fonctions (1). Les démissions sont adressées par écrit au Président, qui en donne connaissance à l'Assemblée dans la plus prochaine séance et les notifie au Gouvernement (2). Lorsque l'Assemblée ne tient pas séance, le Président prend acte des démissions par un avis inséré au journal officiel(3) ».

Manifestement, la Cour Constitutionnelle voulait dire que les fameuses lettres de démission ne sont pas réelles et qu'elles sont contestables, voire nulles. Par ailleurs, elle ajoute que : « nous attirons votre attention que la démission d'un député est personnellement adressée au Président de l'Assemblée nationale et non au Président du groupe parlementaire qui le transmet au Président de l'Assemblée nationale comme cela est indiquée dans votre correspondance sus-citée ». Dans ce cas, la plus haute juridiction togolaise ne peut que déclarer irrecevable la demande du bureau de l'Assemblée nationale.

Mais par extraordinaire et preuve de la complicité agissante entre le RPT et le système judiciaire, la Cour constitutionnelle se mue en conseil de l'Assemblée nationale en demandant au bureau de « bien vouloir corriger les irrégularités de forme en suivant les procédures établies par les textes » pour qu'elle puisse «  instruire convenablement » le dossier ! C'est le droit made in Gnassingbéland.

Les 10 députés ANC seront exclus quelques semaines plus tard alors qu'ils « n'ont jamais démissionné », selon la Haute Cour de Justice d'Abuja.

La Cour Constitutionnelle n'a pu agir autrement à l'égard du nouveau Groupe de la majorité présidentielle alors que normalement, ils devraient être des non-inscrits si on veut appliquer les textes à la lettre. Deux poids deux mesures. Unir, dites-vous ?
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#Posté le jeudi 26 avril 2012 11:28

Togo : Célébration de l'Indépendance sera une fois encore dans la division

Depuis le retour de la célébration de la fête de l'Indépendance au Togo à la faveur du multipartisme, cette célébration ne cesse de diviser les Togolais. Le 52ème anniversaire ne dérobera pas à la tradition. A la célébration officielle, il faut compter avec des programmes individuels des partis politiques et organisations de la société civile.


Ainsi à l'Alliance nationale pour le changement (ANC) le programme débute dans la journée du jeudi à 8h par une conférence –débats sur l'historique de la lutte pour  l'indépendance toute la matinée. Dans l'après midi, une veillée de prière mobilisera les militants et sympathisants de ce parti devant la maison de Pa De Souza.

Vendredi à 8h, un culte  sera dit en l'Eglise Méthodiste Salem de Hanoukopé, suivi d'une procession en ville qui aura pour point de chute l'esplanade de la place de l'Indépendance.

Le Collectif « Sauvons le Togo » pour sa part appelle les Togolais à faire sien les paroles inscrites sur le Monument de l'Indépendance, « citoyenne togolaise, citoyen togolais, par la foi et les sacrifices de nos aïeux la nation togolaise est née ».

Pour le Collectif,  52 ans après l'indépendance du Togo notre patrie, le Togo ne s'est aussi jamais mal porté. « La mère patrie est en danger et a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils », écrit Zeus Ajavon, le Coordinateur, qui appelle les Togolais –qui qu'ils soient  et où qu'ils soient- à rendre ce vendredi, 27 avril  2012 à partir de 11 heures pour donner un autre sens et un autre départ à la lutte citoyenne et libératrice de la mère patrie.

« Togolaise, togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la nation togolaise doit renaître de ses cendres. Ton courage patriotique et ton engagement citoyen sont plus que nécessaire pour effectivement faire du Togo l'Or de l'Humanité ».

L'Union des forces de changement (UFC) de son côté organisera dans l'après midi de ce 27 avril, une réjouissance populaire à la plage de Lomé.

Notons que la fête de l'Indépendance et l'hymne nationale du Togo ont été rayés de l'histoire du Togo et supprimés des programmes d'enseignement au temps fort de la dictature du Timonier Eyadéma. Ils seront remplacés par le 13 janvier et l'hymne du parti RPT.
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#Posté le jeudi 26 avril 2012 11:22

Kara : échauffourées dans la ville entre étudiants et forces de l'ordre

Echauffourées entre les étudiants et les forces abusivement qualifiées de l'ordre ce matin dans la ville de Kara. C'est le transfèrement des responsables de l'Union nationale des élèves et étudiants du Togo (UNEET) à la prison civile de Kara qui a mis le feu aux poudres. Dès que les étudiants ont appris cette nouvelle, ils ont voulu marcher pour exiger la «  libération immédiate » de leurs camarades.


Une Assemblée générale convoquée pour définir la conduite à avoir n'a pas pu tenir. Plusieurs hommes en uniforme sur le campus ont empêché le regroupement des étudiants. Très vite le mouvement s'est transporté en dehors du campus où les étudiants ont bloqué la Nationale N°1. Ils seront accueillis par les forces de l'ordre qui ont usé de gaz lacrymogène et de balle blanche pour rétablir la circulation.

D'autres responsables d'un autre mouvement  estudiantin ont été arrêtés ce matin dans la ville. Ils  étaient en réunion chez un des leurs quand ils ont été interceptés par la gendarmerie qui leur reprocherait de planifier de nouvelles manifestations dans la ville.

La situation a commencé par détériorer depuis hier. Alors que le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé « battait campagne » pour sa nouvelle formation politique, UNIR,  les étudiants de Kara qui ont boycotté cette rencontre observaient  une opération « campus mort ».

A quelques 420 km de là, à Lomé les réactions fusent. Les premières, celles du Mouvement pour l'émancipation de l'étudiant togolais (MEET) et de l'Union des élèves et étudiants du Togo et de la diaspora (ULEETOD).
Le MEET regrette que les étudiants arrêtés ont été déférés à la prison civile de Kara. Il condamne et  dénonce cette pratique dont continue de faire usage le gouvernement dans le but d'étouffer les syndicats estudiantins. Le MEET demande la libération sans condition de tous les responsables estudiantins arrêtés dans un plus bref délai.

ULEETOD de son côté condamne également les exactions et les arrestations qui se font impunément à l'université de Kara. Elle interpelle le ministre de la sécurité à prendre ses responsabilités pour éviter que la situation ne dégénère dans les universités et établissements publics du Togo.

Les étudiants de Lomé menacent de convoquer dans les tout prochains jours, si leurs camarades ne sont pas libérés, une assemblée générale pour définir la conduite à tenir.

La semaine dernière, c'est le Collectif « Sauvons le Togo » qui a exigé la « libération sans condition des étudiants arrêtés ». Dans une déclaration, le Collectif se réservait le droit d'appeler à une manifestation à Kara pour exiger la libération des étudiants.
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#Posté le jeudi 26 avril 2012 11:13

Fulbert Attisso : La CVJR : Un rendez-vous manqué

Pierre Hazan, dans son livre titré « Juger la guerre juger l'histoire » disait : « La justice transitionnelle inaugure un avant et un après le crime, il marque l'an zéro d'une ère nouvelle ». Après le travail de la CVJR, qui a remis le mardi 3 avril 2012 son rapport final au chef de l'Etat, les Togolais se demandent s'ils se sont réconciliés. La réponse est évidemment non ; les Togolais ne se sont pas réconciliés.


Au vu de cette réponse, il est possible d'affirmer que la réconciliation initiée par le régime de Faure Gnassingbé n'est pas sortie de la comédie que les régimes antérieurs avaient servie au Peuple dans le passé.

Est-il besoin de rappeler que c'est en 1963, après le coup d'Etat au cours duquel le président Sylvanus Olympio a été assassiné, que les dirigeants politiques ont commencé à parler de réconciliation. Ramené de Cotonou (Bénin) pour prendre la direction du régime de la IIème République, Nicolas Grunitzky a parlé de la nécessité pour les Togolais de se réconcilier. Un processus de réconciliation a été initié par son régime, sans qu'il ait éradiqué les germes de la division ensemencés par le coup d'Etat sanglant du 13 janvier 1963. Arrivé au pouvoir après un second coup d'Etat qui a mis fin au régime de Grunitzky, en 1967, Gnassingbé Eyadéma va mettre en œuvre une série de réconciliations moins sincères que celle initiée par son prédécesseur. La paix, l'unité nationale, la réconciliation armée-nation, etc., étaient autant de phraséologies vides de contenu, ressassées par le pouvoir RPT pour faire accroire à la réconciliation. Après trente-huit ans de règne, la réconciliation n'a pas été faite par le régime RPT. Pire, son souci de contrôler la succession, après la mort d'Eyadéma, a créé une situation qui a rendu nécessaire et prégnante l'idée de réconcilier les filles et fils du Togo.

Installé au pouvoir dans les conditions exécrables que tout le monde connaît, Faure Gnassingbé va reprendre à son compte l'œuvre jamais achevée au Togo de la réconciliation. Ce travail lui a été surtout imposé par la commission d'établissement des faits envoyée dans le pays par les Nations Unies pour investiguer sur les événements qui ont marqué le scrutin présidentiel du 24 avril 2005. Ainsi, en 2009 le nouveau régime a mis en place une commission qui devait conduire un processus de réconciliation. Cette nouvelle entreprise va susciter de l'espoir dans le peuple, d'autant plus qu'elle a été initiée avec une solennité sans précédent et qu'elle a mobilisé d'importants moyens. Les populations qui étaient très enthousiastes au début ont commencé à déchanter dès que le chef de l'Etat a nommé les commissaires de la CVJR. La nomination de Mgr Nicodème Barrigah,  évêque d'Atakpamé, à la tête de la commission a reçu l'adhésion ; en revanche celles de Mme Kissem Tchangaï-Walla, d'Agboli Agokoli IV et d'Ogamo Bagna, dignitaires du RPT, étaient apparues comme la volonté du régime de contrôler la commission. Le désenchantement des populations qui croyaient au nouveau processus de réconciliation s'est poursuivi quand le régime a exprimé, à travers des forfaitures et des actes répréhensibles de tous genres, son refus de changer et de se reconvertir.

La réconciliation commence par un changement de comportement! Le pouvoir RPT ne peut pas prôner la réconciliation et continuer à réprimer les manifestations pacifiques, à voler les élections, à refuser de répartir à tous les richesses nationales, et pour couronner le tout, à expulser des députés de l'Assemblée nationale. Le désenchantement a atteint son paroxysme quand la CVJR (Commission Vérité-Justice-Réconciliation) s'est montrée incapable de faire connaître la vérité sur les faits qui ont endeuillé les populations et surtout d'obliger les auteurs à se dévoiler. Tous ceux qui sont passés devant la commission ont déclaré n'être responsables de rien, alors que les événements faisaient peser des présomptions de culpabilité sur certains. De Lomé à Dapaong, en passant par Aného, Atakpamé, Kara, etc., les « présumés bourreaux » ont été introuvables, puisque tout le monde est innocent. Comment faire pour réconcilier des personnes qui ne se connaissent pas ? De plus, comment faire émerger la vérité des faits ? Cette vérité qui permet la catharsis et amène les victimes à pardonner, souvent après que les bourreaux ont reconnu leur culpabilité et demander pardon. Le processus de réconciliation conduit par la CVJR a raté le coche ; il n'a pas réussi à mettre en œuvre la trilogie : vérité, pardon et réconciliation.

L'échec de la mission de la CVJR est dû au fait qu'elle ne s'est pas entourée de certaines précautions. Une commission de cette stature avec une mission aussi difficile aurait dû avoir les pouvoirs de réquisition et d'amnistie. Le pouvoir de réquisition devait permettre à la commission de citer devant elle toute personne dont elle juge le témoignage nécessaire pour la manifestation de la vérité. Ce pouvoir qui met en œuvre la contrainte, aurait obligé des gens, surtout des présumés bourreaux à témoigner devant la commission. Le pouvoir d'amnistie aurait eu pour effet de rassurer ceux qui avaient peur de dire la vérité, par crainte d'éventuelles poursuites judiciaires. Il était nécessaire, d'autant plus que le processus de réconciliation au Togo comportait le volet justice et n'obstruait pas la voie à des poursuites contre les bourreaux.

En dépit des nombreux ratés, la CVJR a bouclé son travail et remis son rapport au gouvernement. Sur le fond, ce rapport n'a rien d'original par rapport aux aspirations populaires qui s'expriment depuis longtemps. Il suffit de reprendre tous les accords politiques signés entre le pouvoir et l'opposition, les différentes missions d'observation de l'UE, les 22 engagements signés par le pouvoir RPT à Bruxelles en 2004, les divers rapports d'institutions et d'enquêtes pour savoir que le rapport de la CVJR est la compilation de tous ces documents. Avait-on besoin de mettre trois ans et d'engloutir tous ces moyens pour aboutir à ce résultat ? La réconciliation au Togo est-elle à refaire ?

Fulbert Attisso

( journal La Nouvelle )

Source:mo5-togo.com
Fulbert Attisso : La CVJR : Un rendez-vous manqué
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